Profitant du printemps de cinéma, j’ai pu assister à deux films ces temps-ci. J’ai choisi de présenter celui qui m’a le plus plu, le plus marqué: The Ghost Writer de Roman Polanski.
Avant de commencer l’article proprement dit, je voudrais rappeler à tous les étudiants que c’est actuellement (et jusqu’à demain soir) le printemps du cinéma. 3€50 le film dans la plupart des salles françaises, c’est l’occasion pour nous, jeunes étudiants fauchés, de voir (ou revoir) de bons films.
Pour l’anecdote, l’autre film que je suis allé voir est La Rafle. On pourra crier devant mon manque de compassion ou de sensibilité, je ne sais pas, comme je l’ai déjà dit à ceux qui ont la chance de me voir en vrai (*ironie*), j’ai bien aimé ce film pour sa portée historique, mais je ne le classerais pas dans les meilleurs films que j’ai pu voir durant ma longue vie (*re-ironie*). Bref on ne s’attardera pas sur le cas La Rafle, puisque le sujet de cet article est bien The Ghost Writer.
![Ewan McGregor dans le rôle d'écrivain nègre dans The Ghost Writer [Ewan McGregor, un écrivain nègre bien pâle...]](http://ykweyer.fr/blog/wp-content/uploads/2010/03/TheGhostWriter_EwanMcGregor-116x158.png)
Ce film présente Ewan Mc Gregor dans le rôle d’un écrivain nègre (« Ghost Writer » en anglais, d’où le titre). Non, non, pas de racisme là dedans (bon, si, étymologiquement, mais c’est quand même tombé dans le langage courant), il s’agit juste d’un écrivain qui écrit la biographie d’une célébrité.
Notre écrivain va donc devoir prendre la suite d’un autre nègre (toujours un écrivain, vous suivez ?) mort dans des circonstances assez étranges, et finir la biographie d’un ex-premier ministre anglais (Pierce Brosnan). Il va donc vivre dans son environnement proche, sur une île plutôt isolée au large des USA. Non loin de la plage où son prédécesseur a été retrouvé mort.
Vous avez dit « cadre idéal pour un bon petit thriller, à la Agatha Christie » ?. Eh bien vous n’êtes pas loin. The Ghost Writer est le genre d’intrigue politique qui vous prend au début et ne vous laisse pas retomber avant la toute fin. Un peu comme un manège à sensation qui semble ne jamais s’arrêter. A peine on pense avoir le fin mot de l’histoire qu’une nouvelle pièce vient s’ajouter au puzzle. Bref, on reste dans l’incertitude jusqu’à fin.
Ça, c’était pour le fond. Pour la forme maintenant, j’ai été épaté par ce film. J’ai retrouvé un film à la Hitchcock, avec un personnage principal qui n’en sait pas plus que vous, et qui se retrouve propulsé dans un monde confus, essayant de comprendre ce qu’il doit faire. Comme chez Hitchcock, on retrouve des plans subjectifs sur des objets sans importance, ou des dialogues en apparence superficiels, qui ne prennent tout leur sens que lorsque l’on connaît le fin mot de l’histoire. Même le décor fait penser tantôt au port des Oiseaux, tantôt à la maison des criminels au dessus du mont Rushmore dans la mort aux trousses…
![La musique du film The Ghost Writer, par Alexandre Desplat [C'est Alexandre Desplat qui a composé la musique du film The Ghost Writer]](http://ykweyer.fr/blog/wp-content/uploads/2010/03/TheGhostWriter_Soundtrack-116x123.png)
Et surtout, comme chez Hitchcock, et c’est là mon dernier point, on a une musique époustouflante. Pour avoir un peu étudié Bernard Herrmann dans le cadre de mes études (programme du bac 2009…), on retrouve les valeurs qu’il affectionnait: une musique sans gros thème bourrin (cf John Williams), mais avec une forte valeur d’illustration, allant parfois jusqu’à en dire plus que l’image. Et on dira ce qu’on voudra, mais je persiste à croire que ce qui fait plus que tout l’ambiance assez troublante du film, c’est la musique (ah, ces grandes phrases descendantes des cordes qui accompagnent le héros dans son avancée vers la maison de l’homme politique, ah, ces clochettes tantôt rassurantes, tantôt effrayantes…). Chapeau à Alexandre Desplat (cocorico, il est français !) qui réussit à nous inquiéter pendant tout le film, en étant toujours présent sans jamais prédominer.
The Ghost Writer n’est pas un de ces films sentimentaux qui font appel à vos bons sentiments et vous font pleurer dans un mouchoir. Il n’est pas non plus un de ces thrillers mêlant allègrement la réalité et le surnaturel. Non, il agit plus comme une critique de notre société et de son fonctionnement, un thriller qui vous tient en haleine tout le long, et qui vous laisse un goût amer dans la bouche en sortant du cinéma…