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En direct du FF1J

[Un événement dans le pays de Montbéliard: le Festival du Film d'Un Jour, animé par et pour les étudiants !]

Comme je l’avais annoncé dans un post précédent, je participe actuellement au FF1J, le Festival du Film d’Un Jour.

Alors pour ceux qui ne connaissent pas, le Festival du Film d’1 Jour est organisé par les étudiants de l’UTBM (l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard) depuis maintenant 5 ans. Il propose à une quinzaine d’équipes (composées de 4 à 6 membres), venues de toutes la France, de s’affronter pendant trois jours.

Leurs armes ? Une caméra, un peu de connaissances sur la façon de diriger un tournage, beaucoup d’imagination et de bonne humeur. Toutes les équipes arrivent avec leur propre matériel. On voit d’énormes différences: certains ont un matériel de pros, une grosse caméra, un énorme trépied, une gigantesque perche son… Alors que d’autres arrivent avec un matériel bien plus minimaliste.

[L'affiche du Festival du Film d'Un Jour]Mais au final, le matériel n’importe pas tant que cela, puisque ce sont aussi la réalisation et le scénario qui seront évalués. Et attention, le jury est un jury de professionnels du cinéma et de la télévision !

C’est la première année que je participe à cette manifestation, et franchement, ce qui est le plus frappant, c’est à la fois l’ambiance « bon enfant » et le professionnalisme qui règnent tant sur les participants que sur les organisateurs. Ces deux termes peuvent sembler antinomique. Mais chacun fournit un travail très sérieux : les participants se prennent au jeu et élaborent des scénarios « comme des grands », les organisateurs qui prennent en charge la nourriture, le logement, et bien d’autres choses… et parallèlement, tout le monde est très détendu, très cool, les équipes ne se prennent pas trop au sérieux… Bref, c’est un très bon mélange !

Ce festival se termine ce soir à 20h, avec un visionnage des courts-métrages et une remise des prix. Je vous invite tous à venir au mégarama (à Audincourt) ce soir, pour un visionnage de ces courts-métrages qui s’annoncent déjà très secoués !

Critique Cinéma: The Ghost Writer

[The Ghost Rider, un thriller mettant en scène Ewan McGregor dans le rôle d'un écrivain plongé en plein mystère politique]

Profitant du printemps de cinéma, j’ai pu assister à deux films ces temps-ci. J’ai choisi de présenter celui qui m’a le plus plu, le plus marqué: The Ghost Writer de Roman Polanski.

Avant de commencer l’article proprement dit, je voudrais rappeler à tous les étudiants que c’est actuellement (et jusqu’à demain soir) le printemps du cinéma. 3€50 le film dans la plupart des salles françaises, c’est l’occasion pour nous, jeunes étudiants fauchés, de voir (ou revoir) de bons films.

Pour l’anecdote, l’autre film que je suis allé voir est La Rafle. On pourra crier devant mon manque de compassion ou de sensibilité, je ne sais pas, comme je l’ai déjà dit à ceux qui ont la chance de me voir en vrai (*ironie*), j’ai bien aimé ce film pour sa portée historique, mais je ne le classerais pas dans les meilleurs films que j’ai pu voir durant ma longue vie (*re-ironie*). Bref on ne s’attardera pas sur le cas La Rafle, puisque le sujet de cet article est bien The Ghost Writer.

[Ewan McGregor, un écrivain nègre bien pâle...]

Ce film présente Ewan Mc Gregor dans le rôle d’un écrivain nègre (« Ghost Writer » en anglais, d’où le titre). Non, non, pas de racisme là dedans (bon, si, étymologiquement, mais c’est quand même tombé dans le langage courant), il s’agit juste d’un écrivain qui écrit la biographie d’une célébrité.

Notre écrivain va donc devoir prendre la suite d’un autre nègre (toujours un écrivain, vous suivez ?) mort dans des circonstances assez étranges, et finir la biographie d’un ex-premier ministre anglais (Pierce Brosnan). Il va donc vivre dans son environnement proche, sur une île plutôt isolée au large des USA. Non loin de la plage où son prédécesseur a été retrouvé mort.

Vous avez dit « cadre idéal pour un bon petit thriller, à la Agatha Christie » ?. Eh bien vous n’êtes pas loin. The Ghost Writer est le genre d’intrigue politique qui vous prend au début et ne vous laisse pas retomber avant la toute fin. Un peu comme un manège à sensation qui semble ne jamais s’arrêter. A peine on pense avoir le fin mot de l’histoire qu’une nouvelle pièce vient s’ajouter au puzzle. Bref, on reste dans l’incertitude jusqu’à fin.

Ça, c’était pour le fond. Pour la forme maintenant, j’ai été épaté par ce film. J’ai retrouvé un film à la Hitchcock, avec un personnage principal qui n’en sait pas plus que vous, et qui se retrouve propulsé dans un monde confus, essayant de comprendre ce qu’il doit faire. Comme chez Hitchcock, on retrouve des plans subjectifs sur des objets sans importance, ou des dialogues en apparence superficiels, qui ne prennent tout leur sens que lorsque l’on connaît le fin mot de l’histoire. Même le décor fait penser tantôt au port des Oiseaux, tantôt à la maison des criminels au dessus du mont Rushmore dans la mort aux trousses

[C'est Alexandre Desplat qui a composé la musique du film The Ghost Writer]

Et surtout, comme chez Hitchcock, et c’est là mon dernier point, on a une musique époustouflante. Pour avoir un peu étudié Bernard Herrmann dans le cadre de mes études (programme du bac 2009…), on retrouve les valeurs qu’il affectionnait: une musique sans gros thème bourrin (cf John Williams), mais avec une forte valeur d’illustration, allant parfois jusqu’à en dire plus que l’image. Et on dira ce qu’on voudra, mais je persiste à croire que ce qui fait plus que tout l’ambiance assez troublante du film, c’est la musique (ah, ces grandes phrases descendantes des cordes qui accompagnent le héros dans son avancée vers la maison de l’homme politique, ah, ces clochettes tantôt rassurantes, tantôt effrayantes…). Chapeau à Alexandre Desplat (cocorico, il est français !) qui réussit à nous inquiéter pendant tout le film, en étant toujours présent sans jamais prédominer.

The Ghost Writer n’est pas un de ces films sentimentaux qui font appel à vos bons sentiments et vous font pleurer dans un mouchoir. Il n’est pas non plus un de ces thrillers mêlant allègrement la réalité et le surnaturel. Non, il agit plus comme une critique de notre société et de son fonctionnement, un thriller qui vous tient en haleine tout le long, et qui vous laisse un goût amer dans la bouche en sortant du cinéma…

Critique cinéma: Gainsbourg

[Gainsbourg: vie héroïque - Critique cinéma]

Gainsbourg – Vie héroïque, de Joann Sfar, pas vraiment le genre de film auquel on s’attend pour une sortie ciné entre potes pendant les vacances. Un film vu dans une toute petite salle comble, dans le seul cinéma de Lyon le diffusant. Et pourtant !

Ce qu’il y a de bien pendant les vacances, c’est qu’on peut rattraper les films qui manquent à votre culture cinématographique. Des blocksbusters à voir aux films muets allemands de 1926 (il y en a que ça a marqué), j’en ai vu un certain nombre. Et si aujourd’hui je fais a critique de Gainsbourg, c’est non seulement parce qu’il est encore à l’affiche, mais aussi parce que c’est un des films sur lequel il y a le plus à dire.

Au titre, on s’attend à une bête biographie de l’artiste. Personnellement, je ne connaissais quasiment rien du chanteur, à part ses grands tubes (Je t’aime/moi non plus, la Harley-Davidson, comic strip, …) et ses provocations à l’écran que l’on voit passer sur Facebook « parce que c’est drôle ».

J’attendais donc un film retraçant sa vie, comme beaucoup de films biographiques le font. Avec éventuellement une petite partie romancée, mais surtout une histoire très terre-à-terre.

Ça aurait été ignorer le petit « Vie héroïque » adjacent au titre. Dès le début, on ne peut être qu’intrigué par cette étrange caricature du juif qui semble surgir de nulle part, et qui accompagne Lucien Ginsburg dans son enfance. Il est ensuite remplacé par un mystérieux pantin, qui accompagnera Lucien, tentant de devenir peintre, puis devenant le Gainsbourg que l’on connaît.

Vie fantastique plus qu’héroïque, le surnaturel se mêle au réel, sans que l’on sache exactement quoi en penser. Au fond, peu importe. Ce qui compte, c’est l’histoire. Et, peut-être grâce à ce double-lui, on comprend mieux l’incompréhensible.

[Gainsbourg et Bardot]

L’acteur principal rend cette impression de tourment du personnage, ne comprenant pas lui même cette sorte de schizophrénie, acceptant de vivre avec. Je l’ai trouvé parfois énervant avec ses tics de doigts, mais je suppose que c’est ce qui correspondait à la réalité. À la fois touchant et détestable, il est difficile de savoir si l’on aime Gainsbourg ou non. Après tout, il n’était qu’un homme, et c’est ce que prouve bien ce film.

Les acteurs secondaires sont tout aussi bons, on retrouve une Brigitte Bardot sulfureuse, une Jane Birkin timide, et une France Gall… bon je vais pas vous le dire, vous n’aurez qu’à aller voir.

Au final, un très agréable moment, même si j’ai trouvé, mais c’est là le souci avec les films biographiques, que, comme toujours, la fin tombe à plat. Ça s’essouffle, ça ralentit. Et puis c’est tout. Pas d’apothéose, pas de bouquet final. Je trouve ça dommage, car après nous avoir accrochés pendant deux heures, Joann Sfar laisse retomber le film comme on rate un soufflé. C’est vrai qu’il doit être dur de trouver un rebondissement après la mort, mais bon…

Le site officiel: http://www.gainsbourg-lefilm.com/

À la fois